Médaille de Plomb – L’Atletico Madrid en Ligue des Champions masculine de football

Si on devait élire le club le plus maudit de l’histoire de la Ligue des Champions masculine de football, beaucoup d’historiens pointeraient du doigt l’Atletico Madrid, le deuxième club de la capitale espagnole. A ce jour, le club madrilène est celui qui a perdu le plus de finales sans jamais avoir remporté la « coupe aux grandes oreilles ». (1)

Pendant longtemps, c’est le Stade de Reims qui était le « chat noir » de la C1. L’âge d’or du club champenois a coïncidé avec celui du Real Madrid, vainqueur des 5 premières éditions de ce qu’on appelait encore la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Par conséquent, le Stade de Reims est devenu le 1er club a perdre deux finales de C1 (1956, 1959), qui plus est face au même adversaire.

En 1983, la Juventus Turin deviendra lui aussi le « co-perdant magnifique » de la compétition, mais brisera finalement la malédiction en 1985 face au Liverpool FC au cours d’une finale de sinistre mémoire (2). Trois ans plus tard, c’est au tour du FC Barcelone de perdre sa 2e finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions. Les Catalans devront attendre 1992 avant de remporter leur première C1 grâce à un missile de son artilleur néerlandais Ronald Koeman. Enfin, le club espagnol du Valence CF deviendra en 2001 le premier club à perdre deux finales consécutives.

Et les Colchoneros (3) dans tout ça ? Malgré un passage durable à l’échelon inférieur pendant les année 2000, l’Atletico Madrid est un des piliers de football espagnol. Son palmarès (6) fait envie à de très nombreux présidents de clubs : 10 titres de champion d’Espagne, 10 coupes du Roi (4), 2 supercoupes d’Espagne, 1 Coupe des coupes, 3 ligues Europa, 2 supercoupes d’Europe et 1 Coupe Intercontinentale (5). Pourtant, le club madrilène reste dans l’ombre des deux super-puissances du football espagnol, à savoir le Real Madrid et le FC Barcelone.

Pire encore, à trois reprises, le club rouge et blanc est passé à un quart de poil de mollet de fourmi d’une victoire finale en Ligue des Champions. Ces trois cruelles défaites sont autant de cicatrices dans le coeur des supporteurs de l’Atletico.

Bruxelles, 15 mai 1974 – La finale de ce qu’on appelle encore la Coupe d’Europe des Clubs Champions oppose les Colchoneros au Bayern Munich, qui n’est pas encore le géant qu’on connaît aujourd’hui. Après un temps réglementaire sans but, l’Atletico Madrid ouvre enfin le score sur un coup franc de Luis Argaones à six minutes de la fin et croit enfin mettre la main sur le Saint-Graal du football européen. Las, sur la dernière occasion bavaroise, le défenseur Georg Schwarzenbeck envoie un missile désespéré à ras de terre qui termine dans les filets madrilènes et offre un replay miraculeux au club allemand. Deux jours plus tard, ce sont donc les Bavarois qui remporte le trophée pour la première fois de leur histoire en balayant le club madrilène (4-0).

Lisbonne, 25 mai 2014 – Quarante ans après cette maudite double finale de Bruxelles, l’Atletico Madrid se voit offrir une nouvelle chance de devenir Champion d’Europe, qui plus est face au Real Madrid, son rival de toujours. Après l’ouverture du score par Diego Godín (36e), le club coaché par Diego Simeone croit avoir définitivement entarté le Real quand commencent les arrêts de jeu. Mais plus réaliste que les colchoneros, Sergio Ramos égalisera à la 93e minute de jeu, tandis que les prolongations auront un nouveau goût de calvaire pour les supporteurs de l’Atletico nettement battu. (4-1 a.p.)

Milan, 28 mai 2016 – L’Atlético devient définitivement le « super-poissard » de la Ligue des Champions avec une troisième défaite en finale. Encore une fois, c’est le Real Madrid qui chipe le trophée à l’Atlético. Encore une fois, il y aura des regrets ếternels du côté du stade Vicente-Calderon avec un pénalty manqué par le français Antoine Griezmann dans le temps réglementaire qui aurait pu tout changer. Avec un score de parité à la fin du temps supplémentaire (1-1), ce sont les tirs au but qui donnent la victoire à la Casa Blanca, et des aigreurs d’estomac aux fans de l’Atletico.

En attendant que le trophée majeur du foot européen n’atterrisse dans les vitrines des Rojiblancos, il leur faudra donc se contenter de cette médaille de plomb.

(1) C’est le surnom donné au trophée de la Ligue des Champions, formule dont la paternité reviendrait à Bernard Tapie.

(2) Avant la rencontre, dans les tribunes du stade, des affrontements entre supporteurs anglais et italiens firent 39 morts et 600 blessés. La finale fut quand même disputée, décision qui fait toujours débat aujourd’hui.

(3) C’est le surnom des joueurs de l’Atletico, qui génère toujours une incompréhension gênée chez les francophones. Cette incompréhension est vite oubliée lorsque sont évoquées les culés du FC Barcelone.

(4) C’est le nom donné à la Coupe d’Espagne en hommage à son monarque.

(5) Suite au forfait du Bayern Munich pour des raisons de calendrier, l’Atletico Madrid représente l’Europe lors de la finale de la Coupe Intercontinentale 1974 et devient le premier club à la remporter sans avoir été préalablement champion d’Europe.

(6) Palmarès mis à jour à la fin de la saison 2017/18

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