Un sport trop bien méconnu – Le quidditch

Le quidditch est donc le sport trop bien méconnu que je vais aborder dans ce papier. A peine entame-je ce sujet que je sens que les réseaux sociaux s’agitent. Facebook est inondé de messages de protestations, tandis que le hashtag #TartanAuBucher devient « trending topic » sur Twitter. Des centaines de milliers de fans d’Harry Potter et autres adeptes de sciences occultes fictionnelles se lèvent et s’insurgent en faux ! Ébranlés par le sujet de ma chronique, ils brandissent à l’unisson d’une main vengeresse leur baguette magique en bois de sureau tendue vers le ciel. Ils implorent le monde des magiciens de me couvrir de représailles quasi-mortifères :

  • donner perpétuellement à ma nourriture le goût de ragoût irlandais,
  • me frapper d’infertilité, moi et les mille prochaines générations,
  • ou pire encore, me sanctionner d’une interdiction de stade.

Et je ne peux pas leur donner tort…

Le quidditch est loin d’être un sport confidentiel. Des centaines de millions de spectateurs ont forcément découvert ce sport en posant leur séant occulte sur les sièges ouatés des salles obscures, les yeux rivés sur l’écran diffusant un épisode de la saga Harry Potter. Le quidditch est en fait sorti tout droit de l’imagination de l’écrivaine J.K. Rowling. Pratiqué par des magiciens chevauchant des balais volants sans limite d’altitude, il consiste en gros à envoyer le plus de fois possible le ballon – appelé souafle – dans les buts de l’équipe adverse – matérialisés par trois cercles d’or.

Mais ce n’est pas du quidditch cinématographique dont je vais vous parler. Non, je veux mettre en lumière sa version réservée aux non-sorciers que nous sommes : le quidditch moldu, également quidditch au sol – cette dernière appelation évoquant à certains plutôt une prise de lutte gréco-romaine. Mais dans ce cas, vous vous mettez le balai dans l’oeil jusqu’à la brosse.

Si j’en crois Wikipedia, ce n’est pas le première fois qu’une discipline sportive trouve ses racines dans le 7e art. Il y aurait aussi le Jugger du film Blood Of Heroes. Cependant, ce dernier est nettement moins implanté que le quidditch. Les résultats du box-office y sont sûrement pour quelque chose. Né en 2005 aux États-Unis, dans l’état du Vermont, le quidditch au sol est déjà pratiqué dans plus d’une vingtaine de pays, dont la France. Les compétitions internationales sont déjà légion avec un championnat du Monde, un championnat d’Europe et une coupe d’Europe des clubs. Il y a même des championnats semi-professionnels aux Etats-Unis, en Australie et au Royaume-Uni.

Les Français ont d’ailleurs leur mot à dire dans le contexte international avec une médaille d’argent mondiale (2012), un titre de Champion d’Europe (2015) et trois coupes d’Europe remportées respectivement par le Phénix de Paris (2012) et les Titans de Paris (2015, 2016). Mais rassurez-vous, le quidditch made in France ne se limite pas à la région parisienne. On trouve des équipes dans quasiment toutes les régions, notamment à Lille avec les Black Snitches.

Dans une partie de quidditch, deux équipes de sept joueurs s’affrontent et inscriront 10 points par but marqué. Pour cela, il faut faire passer le ballon à travers l’un des trois anneaux de l’adversaire.

Une équipe de quidditch se compose de :

  • Trois poursuiveurs qui peuvent inscrire des buts
  • Deux batteurs qui sont chargé d’éliminer temporairement les adversaire en les touchant avec une balle appelée « cognard »
  • Un gardien qui dans sa zone est immunisé contre les cognards. (A
  • une lettre près, je l’enviais énormément.)Un attrapeur qui aura la lourde charge de s’emparer du vif d’or.

Le vif d’or, c’est un joueur neutre qui porte dans son dos une petite balle de tennis glissée à l’intérieur d’une chaussette (de préférence jaune). L’attrapeur qui s’empare de cette petite balle inscrit 30 points pour son équipe et met aussitôt fin au match. Autre spécificité du vif d’or : contrairement aux autres joueurs, il ne chevauche pas de balai.

(Voici la vidéo d’un attrapeur réussissant à « catcher » le vif d’or.)

Au moment où je prononce cette phrase, je perçois l’émergence d’un regard incrédule chez bon nombre de lecteurs. Vous avez bien entendu : les pratiquants du quidditch ont poussé le mimétisme en s’affublant d’un balai entre leurs jambes. Outre le fait d’être un handicap – une seule main est disponible pour le maniement des ballons – il permet au joueurs de savoir qui est en jeu ou non.

Regarder une partie de quidditch, c’est forcément être un peu déconcerté de prime abord par le présence des ces balais entre les jambes des participants. C’est le même étonnement que l’on a pu ressentir en découvrant pour la première fois la démarche chaloupée des marcheurs athlétiques ou le curieux rituel d’une partie de curling. Pourtant, on se laisse vite prendre à ce jeu qui offre un large panel de stratégies différentes. C’est également un sport complet, mélange de rugby (les placages sont autorisés), de handball et de balle au prisonnier. D’autre part, il s’agit d’un sport mixte dont les règles prennent en compte les joueurs transgenre et inter-sexe. C’est à ma connaissance un fait unique sur la planète sport.

Bref, le quidditch, on n’a pas fini de commencer à en entendre parler.

Pour en savoir plus :

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